La Commission européenne annonce des changements pour les animaux dans les élevages
Le 7 juillet, la Commission européenne a publié une communication : la « Stratégie de l’UE en faveur de l’élevage ». Elle y annonce son intention de proposer une révision ciblée de certaines règles concernant les animaux d'élevage. Il s'agit entre autres de l'abandon progressif de l'élevage en cage des poules pondeuses et des truies, de l'élimination de l'abattage des poussins mâles d'un jour dans l'industrie des œufs au profit de la généralisation de la méthode du sexage in ovo, ainsi que d'exigences plus élevées pour les produits d'origine animale importés dans l'Union européenne.
La réaction de la Commission à la voix des citoyens
Une fois de plus, l'engagement citoyen sur la protection animale a produit des effets concrets : dans sa communication, la Commission européenne liste comme l'une des raisons des changements envisagés « les attentes des citoyens concernant l'amélioration du bien-être animal dans les élevages ». Les auteurs du texte font référence à l'Initiative citoyenne européenne « End the Cage Age », signée par près de 1,4 million de citoyennes et citoyens de l'UE. Elle prévoit le retrait des cages dans l'élevage des poules, des truies, des lapins, des cailles, des oies, des canards et des veaux.
En particulier, les citoyens de l'UE sont de plus en plus préoccupés par le bien-être animal, et l'on observe une pression sociétale croissante en faveur de l'amélioration des conditions de vie des animaux d'élevage, comme l'exprime l'Initiative citoyenne européenne « End the Cage Age ». Ces préoccupations sociétales sont également apparues dans le cadre de la consultation publique sur la modernisation de la législation de l'UE relative au bien-être animal.
Plus de 5 ans se sont déjà écoulés depuis que la Commission européenne a répondu favorablement à l'initiative et déclaré qu'elle introduirait une législation européenne empêchant de garder des animaux en cage. Jusqu'à présent, cependant, nous n'avions obtenu aucune mesure concrète.
Mais la communication publiée début juillet donne l'espoir que les choses bougent enfin.
Passons en revue ensemble les changements mentionnés dans le document.
Abandon progressif des cages dans l'élevage des poules pondeuses
En 2025, 35,7 % des poules dans l'Union européenne étaient élevées en cage, soit environ 143 millions de poules. Elles passent toute leur vie dans une cage exiguë, avec des barreaux métalliques sous les pattes, sans possibilité de déployer librement leurs ailes ni d'échapper à leurs congénères plus agressives. L'élevage en cage implique :
- l'absence d'accès à une litière dans laquelle les poules pourraient gratter, creuser ou prendre des bains de poussière ;
- un espace trop restreint et l'impossibilité pour les poules d'explorer leur environnement ;
- l'impossibilité de se reposer librement et un accès limité au perchoir ;
- l'impossibilité de satisfaire le besoin de recherche de nourriture, celle-ci étant toujours distribuée au même endroit.

Poule pondeuse en cage
En France, la proportion de poules en cage est encore de 23 %. Elle est le premier producteur d'œufs de l'UE. Elle représente 15 % de la production d'œufs totale. La France a donc un grand rôle à jouer dans cette transition. De plus, des millions de poules bénéficieraient d'une interdiction des cages au niveau européen.
Dans sa communication, la Commission indique qu'elle prévoit de proposer une législation sur le retrait des cages dans l'élevage des poules pondeuses d'ici la fin de cette année.
Proposer, d'ici fin 2026, une révision ciblée des règles en matière de bien-être animal pour les poules pondeuses et les poulets de chair, en mettant l'accent sur la suppression progressive des cages, les indicateurs pratiques de bien-être dans les exploitations, la fin de la mise à mort systématique des poussins mâles et l'introduction d'exigences à l'importation équivalentes et conformes aux règles de l'OMC.
L'harmonisation des règles concernant l'élevage en cage des poules dans toute l'UE est justifiée, car certains États membres ont déjà interdit cette pratique. Il s'agit de la République tchèque, de l'Allemagne, de la Région wallonne de Belgique, du Danemark, de la Slovénie, de l'Autriche et du Luxembourg.
En Slovaquie, le gouvernement et les organisations professionnelles ont signé un mémorandum visant à mettre fin à l'utilisation des cages dans l'élevage des poules d'ici 2030. Le ministère de l'Agriculture en Estonie a également officiellement approuvé une interdiction de l'élevage en cage des poules pondeuses.
La Suède a supprimé l'élevage en cage des poules sans introduire d'interdiction légale.
L'élevage en cage des poules a également été interdit et éliminé dans des pays européens hors UE : la Suisse et l'Islande.
La fin de l'abattage des poussins mâles d'un jour
L'élevage en cage n'est pas le seul problème brûlant en matière de bien-être dans l'industrie des œufs. Les poussins mâles d'un jour sont encore traités comme un sous-produit de la production d'œufs, et sont donc tués peu après l'éclosion, le plus souvent par gazage, broyage (moulus vivants) ou étouffement dans un sac plastique. Cette dernière méthode n'est pas officiellement autorisée dans l'UE, mais nous en avons vu l'usage à de nombreuses reprises. C'est ainsi qu'environ 330 millions de poussins sont tués chaque année rien que dans l'UE.

Broyage des poussins mâles
Il existe déjà des pays en Europe qui ont interdit cette pratique : l'Autriche, la France, l'Allemagne, l'Italie (période de transition en cours) et le Luxembourg.
Un point clé dans le débat sur l'abattage des poussins mâles est le fait qu'une technologie existe déjà et peut efficacement l'empêcher : le sexage in ovo. Cette méthode permet de détecter le sexe de l'embryon alors qu'il est encore dans l'œuf. Les œufs contenant un embryon mâle peuvent être détruits avant que celui-ci ne se développe et n'éclose, éliminant ainsi le processus consistant à tuer des poussins déjà éclos.
Cette technologie est déjà utilisée dans certains pays d'Europe et au-delà, par exemple aux États-Unis et au Brésil. On estime que, grâce à son utilisation, plus de 281 millions d'embryons mâles ont été éliminés avant l'éclosion dans le monde depuis 2021. La Commission européenne envisage de faciliter le déploiement plus large de cette technologie dans l'UE, notamment en cherchant à réduire les coûts de sa mise en œuvre.
Dernier point concernant la production d'œufs mentionné dans la communication de la Commission : l'introduction d'un étiquetage plus précis des œufs est envisagée, afin d'indiquer si un producteur donné pratique encore l'abattage des poussins mâles d'un jour. La Commission souligne ainsi, une fois de plus, l'influence des consommateurs sur le relèvement des exigences en matière de bien-être.
L'élimination des cages dans l'élevage porcin
Une autre mesure que la Commission européenne prévoit de mettre en œuvre d'ici la fin de 2027 est l'élimination des cages dans l'élevage des truies. Actuellement, environ 96 % de toutes les truies dans l'UE — soit environ 10 millions — passent une partie importante de leur vie dans une cage si exiguë que ces animaux ne peuvent même pas se retourner à 180 degrés.
Une truie est généralement placée en cage entre quelques jours et 4 semaines avant la mise bas. Après la mise bas (c'est-à-dire la naissance des porcelets), la truie reste en cage encore 3 à 4 semaines, jusqu'au sevrage des porcelets (l'âge de sevrage recommandé est au plus tôt le 29ᵉ jour de vie).

Truies en cages avec leurs porcelets
La cage de maternité empêche les truies de satisfaire des besoins très fondamentaux, comme le mouvement, la construction d'un nid, l'interaction libre avec leurs petits. Le confinement provoque chez les animaux une frustration qui se manifeste, par exemple, par le fait de mâcher les barreaux métalliques de la cage, et parfois même par de l'agressivité. L'un des principaux arguments avancés par les éleveurs de porcs en faveur de l'usage de la cage de maternité est la réduction de la mortalité des porcelets due à l'écrasement par la truie. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) souligne cependant, dans une analyse publiée en 2022, que l'agressivité et l'excitabilité des truies s'intensifient à mesure que la liberté de mouvement de l'animal est restreinte, ce qui représente un danger pour les porcelets. L'EFSA souligne également que le maintien des truies dans des parcs de mise bas (plutôt qu'en cage) avec leurs porcelets est possible sans augmentation significative de la mortalité des petits.
Il existe plusieurs alternatives au système de cages dans l'élevage porcin, largement utilisées dans des pays comme la Suède, la Suisse, la Norvège et le Royaume-Uni. Dans certains pays, l'usage des cages de maternité a été considérablement restreint. Par exemple, en Suède et en Suisse, il existe une interdiction de garder les truies en cage, sauf en cas d'agressivité de la mère envers ses petits, tandis que la Finlande a introduit une interdiction d'utiliser des cages de maternité pour les truies pendant des périodes supérieures à huit jours consécutifs (à partir de 2035).
Des projets peu concrets concernant d'autres animaux
Dans sa communication, la Commission annonce également une révision des règles concernant les poulets de chair (c'est-à-dire les poules élevées pour la viande) mais sans indication précise de changements concrets en matière de bien-être, ainsi que la possibilité d'introduire des « exigences équivalentes en matière de bien-être animal pour les produits importés » conformément aux normes de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Cela signifierait que les produits d'origine animale importés dans les pays de l'UE devraient répondre aux mêmes exigences de bien-être animal que celles en vigueur dans l'Union européenne.
On y lit également l'annonce d'un dialogue prévu avec les parties prenantes concernant l'exportation d'animaux vivants vers des pays tiers, notamment à des fins d'abattage, et l'examen de solutions alternatives. Là encore, cependant, les informations précises manquent.
Que penser de la communication de la Commission européenne ?
La bonne nouvelle, c'est que la Commission a enfin répondu aux attentes des citoyens et citoyennes de l'UE en matière de protection animale.
Cependant, la communication publiée n'est encore qu'une annonce préliminaire de changements : elle n'a aucun caractère contraignant, et la Commission peut facilement repousser les échéances déclarées dans le document. Les orientations présentées concernant le bien-être animal sont très générales, et il est difficile à ce stade de savoir quel est le plan précis de la Commission, même pour l'abandon de l'élevage en cage. De plus, dans le texte, les auteurs se réfèrent à l'Initiative citoyenne européenne « End the Cage Age », dont l'objectif est de retirer les cages de l'élevage non seulement des poules pondeuses et des truies, mais aussi d'autres espèces d'animaux en élevage, ce qui n'apparaît pas dans sa communication.
Bien qu'il arrive déjà avec plusieurs années de retard, c'est néanmoins un pas important vers des changements pour les animaux d'élevage dans toute l'UE. C'est pourquoi ton engagement (par exemple si tu as signé l'Initiative citoyenne européenne, participé aux consultations publiques, ou envoyé des emails aux responsables européens) est extrêmement important, car il rappelle constamment aux responsables européens que plus de 300 millions d'animaux souffrent chaque année dans des cages au sein de l'UE.
Tu peux leur changer la vie

Que tu aies participé dans le passé ou que tu arrives tout juste sur cette page, tes actions futures seront déterminantes pour le sort des animaux dans les élevages de toute l'Union européenne. Tes actions peuvent mettre fin à l'ère des cages !
En rejoignant le mouvement, tu recevras des opportunités de venir en aide aux animaux prisonniers des cages, directement par email.
Cyril Ernst
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